Mercredi 19 octobre 2011 3 19 /10 /Oct /2011 15:20

Romains : Les Copains (vers la fin)
     Vous avez restauré l’Acte Pur. Depuis la création du monde — vous voyez que je ne parle pas d’hier — il n’y a plus eu d’Acte Pur. L’action, sa bâtarde, a régné bruyamment.. Vous avez restauré l’Acte Pur. Alexandre, Attila, Napoléon, d’autres peut-être, l’ont essayé avant vous, mais sans continuité, sans claire conscience, je dirai même sans aptitudes. Et comme la création du monde perd chaque jour de sa vraisemblance, je me demande si, non contents de renouer la tradition, ce n’est pas vous brusquement qui l’inaugurez.
     [...] « Vous avez joui avec impudence de plusieurs choses réelles. Ce que les hommes ont de sérieux et de sacré, vous en avez fait des objets de plaisir, vous y avez taillé les pièces d’un jeu. Vous avez, sans ombre de raison, enchaîné l’un à l’autre des actes gratuits. Vous avez établi entre les choses les rapports qui vous agréaient. À la nature vous avez donné des lois, et si provisoires !   Acte Pur ! Arbitraire Pur ! Rien de plus libre que vous !

Lévi-Strauss : Tristes Tropiques IX, § XL, pp. 477-478 :

     « Le monde a commencé sans l'homme et il s'achèvera sans lui. Les institutions, les moeurs et les coutumes, que j'aurai passé ma vie à inventorier et à comprendre, sont une efflorescence passagère d'une création par rapport à laquelle elles ne possèdent aucun sens, sinon peut-être de permettre à l'humanité d'y jouer son rôle. Loin que ce rôle lui marque une place indépendante et que l'effort de l'homme - même condamné - soit de s'opposer vainement à une déchéance universelle, il apparaît lui-même comme une machine, peut-être plus perfectionnée que les autres, travaillant à la désagrégation d'un ordre originel et précipitant une matière puissamment organisée vers une inertie toujours plus grande et qui sera un jour définitive. Depuis qu'il a commencé à respirer et à se nourrir jusqu'à l'invention des engins atomiques et thermonucléaires, en passant par la découverte du feu - et sauf quand il se reproduit lui-même -, l'homme n'a rien fait d'autre qu'allégrement dissocier des milliards de structures pour les réduire à un état où elles ne sont plus susceptibles d'intégration. Sans doute a-t-il construit des villes et cultivé des champs ; mais, quand on y songe, ces objets sont eux-mêmes des machines destinées à produire de l'inertie à un rythme et dans une proportion infiniment plus élevés que la quantité d'organisation qu'ils impliquent. Quant aux créations de l'esprit humain, leur sens n'existe que par rapport à lui, et elles se confondront au désordre dès qu'il aura disparu. Si bien que la civilisation, prise dans son ensemble, peut être décrite comme un mécanisme prodigieusement complexe où nous serions tentés de voir la chance qu'a notre univers de survivre, si sa fonction n'était de fabriquer ce que les physiciens appellent entropie, c'est-à-dire de l'inertie. Chaque parole échangée, chaque ligne imprimée établissent une communication entre les deux interlocuteurs, rendant étale un niveau qui se caractérisait auparavant par un écart d'information, donc une organisation plus grande. Plutôt qu'anthropologie, il faudrait écrire ''entropologie'' le nom d'une discipline vouée à étudier dans ses manifestations les plus hautes ce processus de désintégration. »


Proust :

Saint-Loup vivant :
     Il traversa rapidement l’hôtel dans toute sa largeur, semblant poursuivre son monocle qui voltigeait devant lui comme un papillon  ..... et tandis que son monocle reprenait ses ébats .... chaque fois que je le rencontrai dehors ou dans l’hôtel – le col haut, équilibrant perpétuellement les mouvements de ses membres autour de son monocle fugitif et dansant qui semblait leur centre de gravité
Saint-Loup mort :
     « Pauvre Marquis », disait-elle, bien qu’elle ne pût s’empêcher de penser qu’il eût fait l’impossible pour ne pas partir et, une fois mobilisé, pour fuir devant le danger. « Pauvre dame, disait-elle en pensant à Mme de Marsantes, qu’est-ce qu’elle a dû pleurer quand elle a appris la mort de son garçon ! Si encore elle avait pu le revoir, mais il vaut peut-être mieux qu’elle n’ait pas pu, parce qu’il avait le nez coupé en deux, il était tout dévisagé. »


Par M. Philippon
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Mardi 18 octobre 2011 2 18 /10 /Oct /2011 17:13

Alain : Lion premier. Propos, Pléiade, t. 1 pp. 5-6.

"Lion premier, empereur et roi, planta sa lance sur le plateau, et dit : 'Là sera une ville, et elle sera appelée Lionville.' Alors vinrent des terrassiers et des maçons. L'on traça des rues et de larges places, et l'on commença à bâtir le palais du gouvernement.

La première pierre fut scellée par la reine avec une mignonne truelle d'or. On fit des prières aux dieux. Sur une estrade, ornée de velours rouge à frange d'or, décoration qui était nouvelle en ce temps-là, des académiciens lurent des discours ennuyeux, qui ont été imités bien des fois depuis. Mais comme ces discours célébraient les vertus de Lion I°, Lion I° ne s'ennuyait point.

Cependant beaucoup d'ouvriers et de marchands, venus à leur suite, commencèrent à bâtir des maisons pour leur propre usage. L'un d'eux, ayant creusé un puits un peu plus loin, hors de l'enceinte tracée par les architectes, trouva une eau saine et agréable à boire. D'autres creusèrent autour de sa maison après avoir sondé ; la nappe souterraine s'écartait de la ville ; bâtisses et jardins suivirent l'eau ; et une foule de petites maisons blanches et rouges dessinèrent sur la verdure la nappe d'eau autrefois invisible. En vain l'autre ville allongeait ses rues autour des fondations du palais : les maisons n'y poussaient pas.

Alors le roi Lion I° reprit sa lance, et vint la planter au milieu des maisons blanches et rouges, montrant ainsi qu'il était un sage et puissant roi. Et ce simple acte était bien mieux cette fois qu'une prière aux dieux : c'était un hommage à la Nature.

Car les villes ne poussent point selon la volonté des conquérants. Elles suivent l'eau, comme fait la mousse des arbres.  (8 juillet 1906)

 

 

Balzac : Les Illusions perdues, 1° partie (Bouquins 1980 p. 256)

« Angoulême est une vieille ville, bâtie au sommet d’une roche en pain de sucre qui domine les prairies où se roule la Charente. Ce rocher tient vers le Périgord à une longue colline qu’il termine brusquement sur la route de Paris à Bordeaux, en formant une sorte de promontoire dessiné par trois pittoresques vallées.

L’importance qu’avait cette ville au temps des guerres religieuses est attestée par ses remparts, par ses portes et par les restes d’une forteresse assise sur le piton du rocher. Sa situation en faisait jadis un point stratégique également précieux aux catholiques et aux calvinistes ; mais sa force d’autrefois constitue sa faiblesse aujourd’hui : en l’empêchant de s’étaler sur la Charente, ses remparts et la pente trop rapide du rocher l’ont condamnée à la plus funeste immobilité. Vers le temps où cette histoire s’y passa, le Gouvernement essayait de pousser la ville vers le Périgord en bâtissant long de la colline le palais de la préfecture, une école de marine, des établissements militaires, en préparant des routes.

Mais le Commerce avait pris les devants ailleurs. Depuis longtemps le bourg de l’Houmeau s’était agrandi comme une couche de champignons au pied du rocher et sur les bords de la rivière, le long de laquelle passe la grande route de Paris à Bordeaux. Personne n’ignore la célébrité des papeteries d’Angoulême, qui, depuis trois siècles, s’étaient forcément établies sur la Charente et sur ses affluents où elles trouvèrent des chutes d’eau.

L’État avait fondé à Ruelle sa plus considérable fonderie de canons pour la marine. Le roulage, la poste, les auberges, le charronnage, les entreprises de voitures publiques, toutes les industries qui vivent par la route et par la rivière, se groupèrent au bas d’Angoulême pour éviter les difficultés que présentent ses abords. Naturellement les tanneries, les blanchisseries, tous les commerces aquatiques restèrent à la portée de la Charente ; puis les magasins d’eaux-de-vie, les dépôts de toutes les matières premières voiturées par la rivière, enfin tout le transit borda la Charente de ses établissements.

 

Valéry : Tel quel 2-496 : "L'intellect passe au travers des usages, des croyances, des dogmes, des traditions, des pudeurs, des habitudes, des sentiments et des lois civiles, comme passe un ingénieur au travers des forêts, des montagnes, et de toutes les bizarreries et formes locales de la nature, qu'il troue, tranche, et franchit, imposant par la force le chemin le plus court."

Valéry (sur Descartes) 1-805 : "L'idée mère de sa géométrie est bien caractéristique de sa personnalité tout entière. On dirait qu'il ait pris, en toute matière, ce Moi si fortement ressenti comme le point d'origine des axes de sa pensée."

 

Descartes : Règle VI AT X p. 381, FA I pp. 101-102 : 

"Bien que cette proposition ait l'air de ne rien enseigner de très nouveau, elle contient pourtant le principal secret de la méthode, et il ne s'en trouve point de plus utile dans tout le présent traité. En effet, toutes les choses peuvent se disposer sous forme de séries, non point en tant qu'on les rapporte à quelque genre d'être, comme ont fait les philosophes qui les ont réparties en leurs catégories, mais en tant qu'elles peuvent se connaître les unes à partir des autres, en sorte que, chaque fois qu'il se présente une difficulté, nous puissions aussitôt nous rendre compte s'il sera utile d'en résoudre d'autres au préalable, lesquelles, et dans quel ordre. Mais, pour y parvenir correctement, il faut remarquer premièrement que de toutes les choses, sous l'aspect de leur utilité possible pour notre propos, c'est-à-dire lorsque nous ne considérons pas leur nature isolément, mais que nous les comparons entre elles pour les connaître les unes à partir des autres, on peut dire qu'elles sont, soit absolues, soit relatives."

Par M. Philippon
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Dimanche 16 octobre 2011 7 16 /10 /Oct /2011 17:52

Buffon : (traite de l'animal en technicien, sans amour, la preuve)

Le Chat est un animal domestique infidèle, qu'on ne garde que par nécessité, pour l'opposer à un autre ennemi domestique encore plus incommode et qu'on ne peut chasser : car nous ne comptons pas les gens qui, ayant du goût pour toutes les bêtes, n'élèvent des chats que pour s'en amuser ; l'un est l'usage, l'autre l'abus ; et quoique ces animaux, surtout quand ils sont jeunes, aient de la gentillesse, ils ont en même temps une malice innée, un caractère faux, un naturel pervers, que l'âge augmente encore et que l'éducation ne fait que masquer. 

De voleurs déterminés, ils deviennent seulement, lorsqu'ils sont bien élevés, souples et flatteurs comme les fripons ; ils ont la même adresse, la même subtilité, le même goût pour faire le mal, le même penchant à la petite rapine ; comme eux ils savent couvrir leur marche, dissimuler leur dessein, épier les occasions, attendre, choisir, saisir l'instant de faire le mal, se dérober ensuite au châtiment, fuir et demeurer éloignés jusqu'à ce qu'on les rappelle. 

Ils prennent aisément des habitudes de société, mais jamais des mœurs : ils n'ont que l'apparence de l'attachement ; on le voit à leurs mouvements obliques, à leurs yeux équivoques ; ils ne regardent jamais en face la personne aimée ; soit défiance ou fausseté, ils prennent des détours pour en approcher, pour chercher des caresses auxquelles ils ne sont sensibles que pour le plaisir qu'elles leur font. 

Bien différent de cet animal fidèle, dont tous les sentiments se rapportent à la personne de son maître, le Chat paraît ne sentir que pour soi, n'aimer que sous condition, ne se prêter au commerce que pour en abuser ; et par cette convenance de naturel, il est moins incompatible avec l'homme qu'avec le chien dans lequel tout est sincère.

 

NB : Paul Morand non plus n'aimait pas les chats. Il leur trouvait l'air faux et fuyant de celui qui vient de voler quelque chose ; contrairement aux chiens, ils ne disent jamais bonjour ; et ils sont de grands destructeurs d'objets d'art. 

 

Du Bellay : 

NB : le poète a donné à son chat presque son propre nom : on a donc ici une sorte d'épitaphe à soi-même, ce qui va bien avec les aspects profondément mélancoliques de Du Bellay (cf. Starobinski, après Keats : le mélancolique "mène une existence posthume")

 

Epitaphe d'un chat

 

Maintenant le vivre me fâche ;

Et afin, Magny, que tu saches,

Pourquoi je suis tant éperdu,

Ce n'est pas pour avoir perdu

Mes anneaux, mon argent, ma bourse ;

Et pourquoi est-ce donques ? pour ce

Que j'ai perdu depuis trois jours

Mon bien, mon plaisir, mes amours.

Et quoi ? ô souvenance gréve !

A peu que le cœur ne me creve,

Quand j'en parle, ou quand j'en écris :

C'est Belaud mon petit Chat gris :

Belaud, qui fut par avanture

Le plus bel œuvre de que Nature

Fit onc en matiere de Chats :

C'étoit Belaud la mort aux Rats,

Belaud, dont la beauté fut telle,

Qu'elle est digne d'être immortelle.

 

Donques Belaud premièrement

Ne fut pas gris entièrement,

Ni tel qu'en France on les voit naître ;

Mais tel qu'à Rome on les voit être.

Couvert d'un poil gris argentin,

Ras et poli comme satin,

Couché par ondes sur l'eschine,

Et blanc dessous comme un hermine :

Petit museau, petites dents,

Yeux qui n'étoient point trop ardents ;

Mais desquels la prunelle perse,

Imitoit la couleur diverse

Qu'on voit en cet arc pluvieux,

Qui se courbe au travers des Cieux.

La tête à la taille pareille,

Le col grasset, courte l'oreille,

Et dessous un né ébenin,

Un petit mufle lyonnin,

Au tour duquel étoit plantée

Une barbelette argentée,

Armant d'un petit poil folet

Son musequin damoiselet.

Jambe gresle, petite patte,

Plus qu'une moufle delicate ;

Sinon alors qu'il degaînoit

Cela, dont il égratignoit :

La gorge douillette et mignonne,

La queue longue à la guenonne,

Mouchetée diversement

D'un naturel bigarement :

Le flanc haussé, le ventre large,

Bien retroussé dessous sa charge,

Et le dos moyennement long,

Vrai sourian, s'il en fut ong.

 

Tel fut Belaud, la gente Bête,

Qui des pieds jusques à la tête,

De telle beauté fut pourvû,

Que son pareil on n'a point vû.

O quel malheur ! ô quelle perte,

Qui ne peut être recouverte !

O quel deuil mon ame en reçoit !

Vraiment la mort, bien qu'elle soit

Plus fier qu'un ours, l'inhumaine,

Si de voir, elle eût pris la peine,

Un tel Chat, son cœur endurci

En eût eu, ce croi-je, merci :

Et maintenant ma triste vie

Ne haïroit de vivre l'envie.

Mais la cruelle n'avoit pas

Goûté les folâtres ébas

De mon Belaud, ni la souplesse

De la gaillarde gentillesse :

Soit qu'il sautât, soit qu'il gratât,

Soit qu'il tournât, ou voltigeât

D'un tour de Chat, ou soit encores,

Qu'il print un Rat, et or et; ores

Le relâchant pour quelque temps

S'en donnât mille passe-temps.

Soit que d'une façon gaillarde

Avec sa patte fretillarde,

Il se frottât le musequin ;

Ou soit que ce petit coquin

Privé sautelât sur ma couche,

Ou soit qu'il ravît de ma bouche,

La viande sans m'outrager,

Alors qu'il me voyoit manger ;

Soit qu'il fît en diverses guises

Mille autres telles mignardises.

Mon Dieu ! quel passe-tems c'étoit

Quand ce Belaud vire-voltoit,

Folâtre au tout d'une pelotte ?

Quel plaisir, quand sa tête sotte

Suivant sa queue en mille tours,

D'un roüet imitoit le cours !

Ou quand assis sur le derriere

Il s'en faisoit une jarretitere

Et montrant l'estomac velu,

De panne blanche crespelu,

Sembloit, tant sa trogne étoit bonne,

Quelque Docteur de la Sorbonne ;

Ou quand alors qu'on l'animoit,

A coups de patte il escrimoit,

Et puis appaisoit sa colere,

Tout soudain qu'on lui faisoit chere.

 

Voilà, Magny, les passe-temps,

Où Belaud employoit son temps ;

N'est-il pas bien à plaindre donques ?

Au demeurant tu ne vis onques

Chat plus adroit, ni mieux appris

A combattre Rats et Souris.

Belaud sçavoit mille manieres

De les surprendre en leurs tesnieres,

Et lors leur falloit bien trouver

Plus d'un pertuis, pour se sauver ;

Car onques Rat, tant fût-il vite,

Ne se vit sauver à la fuite

Devant Belaud ; au demeurant

Belaud n'étoit pas ignorant :

Il sçavoit bien, tant fut traitable,

Prendre la chair dessus la table,

J'entens, quand on lui presentoit,

Car autrement il vous grattoit,

Et avec la patte friande

De loin muguetoit la viande.

Belaud n'étoit point mal-plaisant,

Belaud n'étoit point mal-faisant,

Et ne fit oncq plus grand dommage

Que de manger un vieux fromage,

Une linotte et un pinson

Qui le fâchoient de leur chanson ;

Mais quoi, Magny, nous-mêmes hommes

Parfaits de tous points nous ne sommes.

Belaud n'étoit point de ces Chats,

Qui nuit et jour vont au pourchats,

N'ayant souci que de leur panse :

Il ne faisoit si grand' dépense,

Mais étoit sobre à son repas

Et ne mangeoit que par compas.

Aussi n'étoit-ce sa nature

De faire par-tout son ordure,

Comme un tas de Chats, qui ne font

Que gâter tout par où ils vont.

Car Belaud, la gentille bête,

Si de quelque acte moins qu'honnête,

Contraint, possible il eût été,

Avoit bien cette honnêteté

De cacher dessous de la cendre

Ce qu'il étoit contraint de rendre.

 

Belaud me servoit de joüet ;

Belaud ne filoit au roüet,

Gromelante une letanie

De longue et fâcheuse harmonie ;

Ains se plaignoit mignardement

D'un enfantin miaudement.

Belaud (que j'aye souvenance)

Ne me fit oncq; plus grand' offense

Que de me réveiller la nuit,

Quand il entroyoit quelque bruit

De Rats qui rongeoient ma paillasse :

Car lors il leur donnoit la chasse,

Et si dextrement les happoit,

Que jamais un n'en échappoit ;

Mais, las, depuis que cette fiere

Tua de sa dextre meurtriere

La sure garde de mon corps,

Plus en sureté je ne dors :

Et or, ô douleurs non pareilles !

Les Rats me mangest les oreilles :

Même tous les vers que j'écris,

Sont rongez de Rats et Souris.

Vraiment les Dieux sont pitoyables

Aux pauvres humains miserables

Toujours leur annonçant leurs maux,

Soit par la mort des animaux,

Ou soit par quelqu'autre présage,

Des Cieux le plus certain message.

Le jour que la sœur de Cloton

Ravit mon petit peloton,

Je dis, j'en ai bien souvenance,

Que quelque maligne influence

Menaçoit mon chef de là haut,

Et c'étoit la mort de Belaud :

Car quelle plus grande tempête

Me pouvoit foudroyer la tête !

Belaud étoit mon cher mignon,

Belaud étoit mon compagnon,

A la chambre, au lit, à la table ;

Belaud étoit plus accointable

Que n'est un petit Chien friand,

Et de nui n'alloit point criand

Comme ces gros Marcous terribles,

En longs miaudemens horribles :

Aussi le petit Mitouard

N'entra jamais en Matouard :

Et en Belaud, quelle disgrace !

De Belaud s'est perdu la race.

Que plaît à Dieu, petit Belon,

Que j'eusse l'esprit assez bon,

De pouvoir en quelque beau stile

Blasonner ta grace gentile,

D'un vers aussi mignard que toi :

Belaud, je te promets ma foi,

Que tu vivrois, tant que sur terre

Les Chats aux Rats feront la guerre.

 

 

 

 

Charles Cros

(on peut concéder qu'il a fait mieux ; mais il aimait les chats...)

 

Chatte blanche, chatte sans taches, 

Je te demande, dans ces vers, 

Quel secret dort dans tes yeux verts,

 Quel sarcasme sous ta moustache. 

 

Tu nous lorgnes, pensant tout bas 

Que nos fronts pâles, que nos lèvres 

Déteintes en de folles fièvres, 

Que nos yeux creux ne valent pas 

 

Ton museau que ton nez termine, 

Rose comme un bouton de sein, 

Tes oreilles dont le dessin 

Couronne fièrement ta mine. 

 

Pourquoi cette sérénité ? 

Aurais-tu la clé des problèmes 

Qui nous font frissonnant et blêmes, 

Passer le printemps et l'été ? 

 

Devant la mort qui nous menace, 

Chats et gens, ton flair, plus subtil 

Que notre savoir, te dit-il 

Où va la beauté qui s'efface, 

 

Où va la pensée, où s'en vont 

Les défuntes splendeurs charnelles ? 

Chatte, détourne tes prunelles ; 

J'y trouve trop de noir au fond.

 

Par M. Philippon
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Samedi 15 octobre 2011 6 15 /10 /Oct /2011 16:07

Monde chap. IV, FA I pp. 334-335. "Les espaces où nous ne sentons rien sont remplis de la même matière et contiennent autant pour le moins de cette matière que ceux qui sont occupés par les corps que nous sentons. En sorte que lorsqu'un vase par exemple est plein d'or ou de plomb, il ne contient pas pour cela plus de matière que lorsque nous pensons qu'il soit vide ; ce qui peut sembler bien étrange à plusieurs dont la raison ne s'étend pas plus loin que les doigts, et qui pensent qu'il n'y ait rien au monde que ce qu'ils touchent. Mais quand vous aurez un peu considéré ce qui fait que nous sentons un corps, ou que nous ne le sentons pas, je m'assure que vous ne trouverez en cela rien d'incroyable. Car vous connaîtrez évidemment que tant s'en faut que toutes les choses qui sont autour de nous puissent être senties, qu'au contraire ce sont celles qui y sont le plus ordinairement qui le peuvent être le moins, et que celles qui y sont toujours ne le peuvent être jamais.

La chaleur de notre cœur est bien grande mais nous ne la sentons pas, à cause qu'elle est ordinaire. La pesanteur de notre corps n'est pas petite, mais elle ne nous incommode point. Nous ne sentons pas même celle de nos habits parce que nous somme accoutumés à les porter. Et la raison de ceci est assez claire : car il est certain que nous ne saurions sentir aucun corps s'il n'est cause de quelque changement dans les organes de nos sens, c'est-à-dire s'il ne remue en quelque façon les petites parties de la matière dont ces organes sont composés. Ce que peuvent bien faire les objets qui ne se présentent pas toujours, pourvu seulement qu'ils aient assez de force : car s'ils y corrompent quelque chose, pendant qu'ils agissent, cela se peut réparer après par la Nature lorsqu'ils n'agissent plus. Mais pour ceux qui nous touchent continuellement, s'ils ont jamais eu la puissance de produire quelque changement en nos sens et de remuer quelque partie de leur matière, ils ont dû, à force de les remuer, les séparer entièrement des autres dès le commencement de notre vie, et ainsi ils n'y peuvent avoir laissé que celles qui résistent tout à fait à leur action et par le moyen desquelles ils ne peuvent en aucune façon être sentis. D'où vous voyez que ce n'est pas merveille, qu'il y ait plusieurs espaces autour de nous où nous ne sentons aucun corps, encore qu'ils n'en contiennent pas moins que ceux où nous en sentons le plus."

Par M. Philippon
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Vendredi 14 octobre 2011 5 14 /10 /Oct /2011 18:10

Boileau : (remonter d'une demi-page pour le début du paragraphe)
(j'ai oublié de signaler son poème sur... l'Equivoque)

http://books.google.fr/books?id=VNsFAAAAQAAJ&pg=PR23&lpg=PR23&dq=boileau+dindon&source=bl&ots=CPU_MxD9ww&sig=5tU4FOjjblW7Z7nHniXlh8TaXnU&hl=fr&ei=3V2YTobEJY6aOtXGpYkK&sa=X&oi=book_result&ct=result&resnum=3&ved=0CCoQ6AEwAg#v=onepage&q&f=false

James :
http://books.google.fr/books?id=H3CdV0_kSDsC&pg=PA25&lpg=PA25&dq=%22henry+james%22+blessure+horrible%22+obscure&source=bl&ots=_Kx0Bhd15Q&sig=18ei0ftRJPy0hDBhacKhh1J2AiU&hl=fr&ei=Gl2YTuWFIpCSOujrpIkK&sa=X&oi=book_result&ct=result&resnum=1&ved=0CCAQ6AEwAA#v=onepage&q&f=false




Pompidou : Anthologie de la Poésie française, préface LP p. 19 :
« Pendant des siècles, le vers a été une forme 'habillée' de l'expression, un vêtement noble, qu'on revêtait pour les grandes occasions, mais qui ne signifiait pas pour autant qu'on cherchât à faire œuvre poétique au sens où nous l'entendons. Pour Molière, entre la prose de L'Avare et les vers des Femmes savantes, il n'y avait d'autre différence que de se mettre en vêtement d'apparat pour faire un honneur particulier au théâtre et au public. »

Par M. Philippon
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Vendredi 14 octobre 2011 5 14 /10 /Oct /2011 17:11

Berkeley : Troisième dialogue entre Hylas et Philonous :
    Je vois cette cerise, je la touche, je la goûte, je suis sûr que le néant ne peut être vu, touché ou goûté : la cerise est donc réelle. Enlevez les sensations de souplesse, d'humidité, de rougeur, d'acidité et vous enlevez la cerise, puisqu'elle n'existe pas à part des sensations. Une cerise, dis-je, n'est rien qu'un assemblage de qualités sensibles et d'idées perçues par divers sens : ces idées sont unies en une seule chose (on leur donne un seul nom) par l'intelligence parce que celle-ci remarque qu'elles s'accompagnent les unes les autres. Ainsi quand le palais est affecté de telle saveur particulière, la vue est affectée d'une couleur rouge et le toucher d'une rondeur et d'une souplesse, etc. Aussi quand je vois, touche et goûte de ces diverses manières, je suis sûr que la cerise existe, qu'elle est réelle : car, à mon avis, sa réalité n'est rien si on l'abstrait de ces sensations. Mais si par le mot cerise vous entendez une nature inconnue, distincte, quelque chose de distinct de la perception qu'on en a, alors certes, je le déclare, ni vous, ni moi, ni aucun autre homme, nous ne pouvons être sûrs de son existence.

 

(mon commentaire : la cerise n'est qu'un ensemble de qualités ; ontologiquement, elle n'a pas de noyau)

Par M. Philippon
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Jeudi 13 octobre 2011 4 13 /10 /Oct /2011 15:51

Platon Politique 284e : 

"Pour diviser la métrétique de la façon que nous disions, nous n'aurions qu'à distinguer les sections suivantes : nous mettrions d'une part tous les arts pour qui le nombre, les longueurs, profondeurs, largeurs, épaisseurs se mesurent à leurs contraires, et, de l'autre, tous ceux qui se réfèrent à la juste mesure, à ce qui est convenable, opportun, requis, à tout ce qui tient le milieu entre les extrêmes"

 

Céline : Voyage : 

Elle [ma mère] croyait à la fatalité autant qu'au beau mètre des Arts et Métiers, dont elle m'avait toujours parlé avec respect, parce qu'elle avait appris étant jeune, que celui dont elle se servait dans son commerce de mercerie était la copie scrupuleuse de ce superbe étalon officiel.

 

Cours sur Descartes sur mon site : 

https://sites.google.com/site/lesitedemichelphilippon/descartes-mathematiques-et-etendue

 

Platon : Timée : 

... son auteur s’est préoccupé de fabriquer une certaine imitation mobile de l’éternité, et, tout en organisant le Ciel, il a fait, de l’éternité immobile et une, cette image éternelle qui progresse suivant la loi des Nombres, cette chose que nous appelons le Temps. En effet, les jours et les nuits, les mois et les saisons n’existaient point avant la naissance du Ciel, mais leur naissance a été ménagée, en même temps que le Ciel a été construit. Car tout cela, ce sont des divisions du Temps : le passé et le futur sont des espèces engendrées du Temps

... le temps, lequel imite l’éternité et se déroule en cercle suivant le Nb

... Toutefois, il n’en est pas moins possible de concevoir que le nombre parfait du 

... le temps a accompli l’année parfaite, lorsque les huit révolutions, ayant égalisé leurs vitesses, reviennent au point initial et donnent comme mesure commune à ces vitesses le cercle du Même, qui possède un mouvement uniforme. C’est ainsi et pour ces motifs qu’ont été engendrés ceux des astres qui parcourent le Ciel

 

Baudelaire

« Comme un beau cadre ajoute à la peinture, 

Bien qu’elle soit d’un pinceau très-vanté, 

Je ne sais quoi d’étrange et d’enchanté 

En l’isolant de l’immense nature [...] »

 

Rilke      § 50 (Fenêtres II)

Fenêtre, toi, ô mesure d'attente,

tant de fois remplie,

quand une vie se verse et s'impatiente

vers une autre vie.

 

Toi qui sépares et qui attires,

changeante comme la mer, -

glace, soudain, où notre figure se mire

mêlée à ce qu'on voit à travers ;

 

échantillon d'une liberté compromise

par la présence du sort ;

prise par laquelle parmi nous s'égalise

le grand trop du dehors.

 

Valéry Tel quel Moralités, Pléiade 2-525 : 

«  L'homme est un animal enfermé -  à l'extérieur de sa cage."

Par M. Philippon
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Mercredi 12 octobre 2011 3 12 /10 /Oct /2011 15:41

Sur Ingres

(sur la "tache") : 

http://spherebleue.e-monsite.com/blog/peinture-dessin/la-robe-de-madame-moitessier.html

http://aufildelart.hautetfort.com/archive/2006/10/26/secrets-ingresques.html

(sur cercle et carré) : 

http://lecalmeblog.blogspot.com/2010/04/monsieur-ingres-et-la-quadrature-du.html

 

 

Descartes : Experimenta (notes de jeunesse) FA I pp. 48-49 : 

"On peut faire en un jardin des ombres qui représentent diverses figures, telles que des arbres et les autres : 

item, tailler des palissades, de sorte que, de certaine perspective elles représentent certaines figures :

item, dans une chambre, faire que les rayons du soleil, passant par certaines ouvertures, représentent divers chiffres ou figures :

item, faire paraître, dans une chambre, des langues de feu, des chariots de feu, et autres figures en l'air ; le tout par de certains miroirs qui rassemblent les rayons en ces points-là :

item, on peut faire que le soleil, reluisant dans une chambre, semble toujours venir du même côté, ou bien qu'il semble aller de l'Occident à l'Orient, le tout par miroirs paraboliques.

 

 

Valéry : L'Idée fixe 1-266 :

"Et ces redites, cette écholalie qu'est la reproduction ! Les bancs de harengs !... - Et cent millions de spermatozoïdes pour un qui décroche la timbale !... - Le pauvre !... Pauvre petit fléau... qui, d'un bord à l'autre du temps, transporte une essence d'ancêtres, passe le Styx... de la Vie !..."

Mélange 1-298 

"Rien ne donne plus à penser sur la vraie et naïve nature de la vie qu'un banc de poissons. Peut-être, pour exprimer mon sentiment, devrais-je écrire ce mot au singulier - faisant de ces animaux une matière, matière composée, sans doute, d'unités individuelles organisées ; mais dont l'ensemble se comporte comme une substance soumise à des conditions et à des lois extérieures très simples."

 

 

Rilke Note sur l'art [c. 1898] Pléiade Prose 686 : 

"Tel est l'appel que perçoit l'artiste : le désir qu'ont les choses d'être son langage. Il doit les enlever aux relations pesantes et absurdes de la convention pour les placer dans les grandes cohérences de sa nature" 

 

Rilke Lettre à Clara Rilke, 2 sept 1902, Correspondance, Seuil p. 23 : 

« D'immenses vitrines, pleines d'admirables fragments de La Porte de l'Enfer. Cela défie la description. Rien que des fragments, côte à côte, sur des mètres. Des nus de la grandeur de ma main, d'autres plus grands, mais rien que des morceaux, à peine un nu entier : souvent un morceau de bras, un morceau de jambe tels qu'ils se présentent, côte à côte, et tout près, le tronc qui leur revient. Ailleurs le torse d'une figure contre lequel se presse la tête d'une autre, le bras d'une troisième... comme si une tempête indicible, un cataclysme sans précédent s'étaient abattus sur cette œuvre. Pourtant, mieux on regarde, plus profondément on ressent que tout cela serait moins entier si chaque figure l'était. Chacun de ces débris possède une cohérence si exceptionnelle et si saisissante, chacun est si indubitable et demande si peu à être complété que l'on oublie que ce ne sont que des parties, et souvent des parties de corps différents, qui se rassemblent si passionnément ici. On devine soudain qu'envisager le corps comme un tout est plutôt l'affaire du savant, et celle de l'artiste, de créer à partir de ces éléments de nouvelles relations, de nouvelles unités, plus grandes, plus légitimes, plus éternelles... »

Par M. Philippon
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Mardi 11 octobre 2011 2 11 /10 /Oct /2011 17:40

petite annonce 1 :

un foulard vert a été oublié ds la salle ; me le demander mardi prochain

petite annonce 2 :

grève sur France-Musique : pas de désannonce pour une splendide interprétation du concerto de Mendelssohn (énergique et claire), vers 17h30 ; quelqu'un aurait-il entendu l'annonce ??

petite annonce 3 :

 

votre évaluation ce semestre en hist de la philo :

50% pour le CC (2 notes, modalités à préciser)

50% pour l'examen terminal, explication de texte en 4h

pour les dispensés, 100% examen terminal, explication de texte en 4h

pour le rattrapage  : un oral seul (pour assidus et dispensés)

 

(la petite annonce 2 est de loin la plus importante ...)

 

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Descartes :

Principes II § 17, FA III pp. 162-163 :
Que le mot de vide pris selon l'usage ordinaire n'exclut point toute sorte de corps.
Mais, lorsque nous prenons ce mot selon l'usage ordinaire, et que nous disons qu'un lieu est vide, il est constant que nous ne voulons pas dire qu'il n'y a rien du tout en ce lieu ou en cet espace, mais seulement qu'il n'y a rien de ce que nous présumons y devoir être. Ainsi, parce qu'une cruche est faite pour tenir de l'eau, nous disons qu'elle est vide lorsqu'elle ne contient que de l'air ; et s'il n'y a point de poisson dans un vivier, nous disons qu'il n'y a rien dedans, quoiqu'il soit plein d'eau ; ainsi nous disons qu'un vaisseau est vide, lorsqu'au lieu des marchandises dont on le charge d'ordinaire, on ne l'a chargé que de sable, afin qu'il pût résister à l'impétuosité du vent : et c'est en ce même sens que nous disons qu'un espace est vide, lorsqu'il ne contient rien qui nous soit sensible, encore qu'il contienne une matière créée et une substance étendue. Car nous ne considérons ordinairement les corps qui sont proches de nous, qu'en tant qu'ils causent dans les organes de nos sens des impressions si fortes que nous les pouvons sentir. Et si, au lieu de nous souvenir de ce que nous devons entendre par ces mots de vide ou de rien, nous pensions par après qu'un tel espace, où nos sens ne nous font rien apercevoir, ne contient aucune chose créée, nous tomberions en une erreur aussi grossière que si, à cause qu'on dit ordinairement qu'une cruche est vide, dans laquelle il n'y a que de l'air, nous jugions que l'air qu'elle contient n'est pas une chose ou une substance.

 

Méditation II :
" La Méditation que je fis hier m'a rempli l'esprit de tant de doutes, qu'il n'est plus désormais en ma puissance de les oublier. Et cependant je ne vois pas de quelle façon je les pourrai résoudre ; et comme si tout à coup j'étais tombé dans une eau très profonde, je suis tellement surpris, que je ne puis assurer mes pieds dans le fond, ni nager pour me soutenir au-dessus. (...) Mais que sais-je s’il n’y a point quelque autre chose différente de celles que je viens de juger incertaines, de laquelle on ne puisse avoir le moindre doute ?"

 

Par M. Philippon
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Samedi 8 octobre 2011 6 08 /10 /Oct /2011 20:22

... avec partition : la grande Fugue ; la "dernière manière" en "grande forme" ;

réclame concentration :

 

http://www.youtube.com/watch?v=ls7GD28TY60

Par M. Philippon
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