Augustin :
Vera Religione LV §113 p. 191 : (Sa bonté... a amené Dieu...) à ne pas laisser périr tout ce qu'il avait fait par le Verbe... un seul
Dieu qui, comme créateur, nous fait vivre..."
De l'Immortalité de l'Ame, VIII, 14-15 p. 197 (Bibl. aug.) : "Cette force, cette nature incorporelle qui a réalisé l'univers, le maintient par sa puissance toujours
présente. L'ayant créé, elle ne s'est pas séparée de lui ni n'a abandonné son œuvre. Cette substance qui n'est pas un corps ni, pour ainsi dire, ne se meut dans l'espace, ne peut être séparée de
la substance qui y est localisée ; et cette force réalisatrice ne peut omettre de protéger l'œuvre qui est la sienne, ni permettre que celle-ci soit frustrée de la forme, en vertu de laquelle
elle "est" dans la mesure où elle "est". En effet, ce qui n'est point par soi-même, cessera évidemment d'exister si lui manque le soutien de ce par quoi il existe."
De la Genèse selon la Lettre IV, 12, §§ 22-23 B.a. t. 48 pp. 309-310 :
"§ 22 : Il n'en est pas en effet de Dieu comme d'un architecte : la maison achevée, celui-ci s'en va, et même lorsqu'il cesse d'agir et qu'il s'en est allé, l'œuvre
subsiste. Au contraire, le monde ne pourrait subsister, fût-ce l'instant d'un clin d'œil, si Dieu lui retirait son concours.
§ 23 : Ainsi donc, lorsque le Seigneur dit : Mon père agit jusqu'à maintenant, il fait allusion à cette action continue par laquelle le Père maintient et régit
l'universalité des créatures.
Voilà pourquoi, lorsque l'Ecriture dit que Dieu se reposa de de toutes les œuvres qu'il a faites, nous entendons cette phrase en ce sens qu'à partir de ce moment
Dieu ne créa plus de nouvelles natures, mais non en ce sens qu'il ait cessé de maintenir et de gouverner les êtres qu'il avait créés. Il est donc également vrai et que Dieu se reposa le septième
jour (Gen. II, 2) et qu'il agit jusqu'à maintenant. (Io. V, 17)
Descartes :
Secondes Réponses, Axiome II FA II p. 592 :
"Le temps présent ne dépend point de celui qui l'a immédiatement précédé ; c'est pourquoi il n'est pas besoin d'une moindre cause pour conserver une chose, que pour
la produire la première fois."
Monde VII FA I pp. 349-350, AT pp. 36-37 :
"Sachez donc premièrement que par la nature, je n'entends point ici quelque déesse, ou quelque sorte de puissance imaginaire, mais que je me sers de ce mot pour
signifier la Matière en tant que je la considère avec toutes les qualités que je lui ai attribuées comprises toutes ensemble, et sous cette condition que Dieu continue de la conserver en la même
façon qu'il l'a créée. Car de cela seul qu'il continue ainsi de la conserver, il suit de nécessité qu'il doit y avoir plusieurs changements en ses parties, lesquels ne pouvant, ce me semble, être
proprement attribués à l'action de Dieu, parce qu'elle ne change point, je les attribue à la nature, et les règles suivant lesquelles se font ces changements, je les nomme lois de la
nature."
Discours V FA I p.617 : "Il est certain, et c'est une opinion communément retenue entre les
théologiens, que l'action, par laquelle maintenant il [Dieu] le [le monde] conserve, est toute la même que celle par laquelle il l'a créé."
Méditations III FA II p. 450, AT p. 39 : " la lumière naturelle nous fait voir clairement, que la conservation et la création ne diffèrent qu'au regard de notre
façon de penser, et non point en effet."
Lettre à X... août 1641, FA II pp. 367-368 :
"Il est beaucoup plus certain qu'aucune chose ne peut exister sans le concours de Dieu, qu'il est certain qu'aucune lumière du soleil ne peut exister sans le
soleil. Et il ne faut point douter que si Dieu retirait une fois son concours, toutes les choses qu'il a créées retourneraient aussitôt dans le néant, parce que, avant qu'elles fussent créées, et
qu'il leur prêtât son concours, elles n'étaient qu'un néant : mais cela n'empêche pas qu'elles doivent être appelées des substances, parce que quand on dit de la substance créée qu'elle subsiste
par elle-même, on n'entend pas pour cela exclure le concours de Dieu, duquel elle a besoin pour subsister, mais seulement on veut dire qu'elle est telle qu'elle peut exister sans le secours
d'aucune autre chose créée ; ce qui ne se peut dire de même des modes qui accompagnent les choses, comme sont la figure ou le nombre. Et Dieu ne ferait pas paraître que sa puissance est immense,
s'il créait des choses telles, que par après elles pussent exister sans lui ; mais au contraire, il montrerait par là qu'elle serait finie, en ce que les choses qu'il aurait une fois créées ne
dépendraient plus de lui. Et je ne retombe point dans la fosse que j'avais préparée, lorsque je dis qu'il est impossible que Dieu détruise quoi que ce soit d'une autre façon que par la cessation
de son concours, parce qu'autrement il s'en suivrait que, par une action positive, il tendrait au non-être. Car il y a une très grande différence entre les choses qui se font par l'action
positive de Dieu, lesquelles ne sauraient être que très bonnes, et celles qui arrivent à cause de la cessation de cette action positive, comme tous les maux et les péchés, et la destruction d'un
être, si jamais aucun être existant était détruit."