Mardi 29 novembre 2011 2 29 /11 /Nov /2011 17:04

Augustin :
      Vera Religione LV §113 p. 191 : (Sa bonté... a amené Dieu...) à ne pas laisser périr tout ce qu'il avait fait par le Verbe... un seul Dieu qui, comme créateur, nous fait vivre..." 
De l'Immortalité de l'Ame, VIII, 14-15 p. 197 (Bibl. aug.) : "Cette force, cette nature incorporelle qui a réalisé l'univers, le maintient par sa puissance toujours présente. L'ayant créé, elle ne s'est pas séparée de lui ni n'a abandonné son œuvre. Cette substance qui n'est pas un corps ni, pour ainsi dire, ne se meut dans l'espace, ne peut être séparée de la substance qui y est localisée ; et cette force réalisatrice ne peut omettre de protéger l'œuvre qui est la sienne, ni permettre que celle-ci soit frustrée de la forme, en vertu de laquelle elle "est" dans la mesure où elle "est". En effet, ce qui n'est point par soi-même, cessera évidemment d'exister si lui manque le soutien de ce par quoi il existe."
      De la Genèse selon la Lettre IV, 12, §§ 22-23 B.a. t. 48 pp. 309-310 :
"§ 22 : Il n'en est pas en effet de Dieu comme d'un architecte : la maison achevée, celui-ci s'en va, et même lorsqu'il cesse d'agir et qu'il s'en est allé, l'œuvre subsiste. Au contraire, le monde ne pourrait subsister, fût-ce l'instant d'un clin d'œil, si Dieu lui retirait son concours.
§ 23 : Ainsi donc, lorsque le Seigneur dit : Mon père agit jusqu'à maintenant, il fait allusion à cette action continue par laquelle le Père maintient et régit l'universalité des créatures.
Voilà pourquoi, lorsque l'Ecriture dit que Dieu se reposa de de toutes les œuvres qu'il a faites, nous entendons cette phrase en ce sens qu'à partir de ce moment Dieu ne créa plus de nouvelles natures, mais non en ce sens qu'il ait cessé de maintenir et de gouverner les êtres qu'il avait créés. Il est donc également vrai et que Dieu se reposa le septième jour (Gen. II, 2) et qu'il agit jusqu'à maintenant. (Io. V, 17)

Descartes :
      Secondes Réponses, Axiome II FA II p. 592 :

"Le temps présent ne dépend point de celui qui l'a immédiatement précédé ; c'est pourquoi il n'est pas besoin d'une moindre cause pour conserver une chose, que pour la produire la première fois."
      Monde VII FA I pp. 349-350, AT pp. 36-37 :
"Sachez donc premièrement que par la nature, je n'entends point ici quelque déesse, ou quelque sorte de puissance imaginaire, mais que je me sers de ce mot pour signifier la Matière en tant que je la considère avec toutes les qualités que je lui ai attribuées comprises toutes ensemble, et sous cette condition que Dieu continue de la conserver en la même façon qu'il l'a créée. Car de cela seul qu'il continue ainsi de la conserver, il suit de nécessité qu'il doit y avoir plusieurs changements en ses parties, lesquels ne pouvant, ce me semble, être proprement attribués à l'action de Dieu, parce qu'elle ne change point, je les attribue à la nature, et les règles suivant lesquelles se font ces changements, je les nomme lois de la nature."
      Discours V FA I p.617 : "Il est certain, et c'est une opinion communément retenue entre les théologiens, que l'action, par laquelle maintenant il [Dieu] le [le monde] conserve, est toute la même que celle par laquelle il l'a créé."
Méditations III FA II p. 450, AT p. 39 : " la lumière naturelle nous fait voir clairement, que la conservation et la création ne diffèrent qu'au regard de notre façon de penser, et non point en effet."
      Lettre à X... août 1641, FA II pp. 367-368 :
"Il est beaucoup plus certain qu'aucune chose ne peut exister sans le concours de Dieu, qu'il est certain qu'aucune lumière du soleil ne peut exister sans le soleil. Et il ne faut point douter que si Dieu retirait une fois son concours, toutes les choses qu'il a créées retourneraient aussitôt dans le néant, parce que, avant qu'elles fussent créées, et qu'il leur prêtât son concours, elles n'étaient qu'un néant : mais cela n'empêche pas qu'elles doivent être appelées des substances, parce que quand on dit de la substance créée qu'elle subsiste par elle-même, on n'entend pas pour cela exclure le concours de Dieu, duquel elle a besoin pour subsister, mais seulement on veut dire qu'elle est telle qu'elle peut exister sans le secours d'aucune autre chose créée ; ce qui ne se peut dire de même des modes qui accompagnent les choses, comme sont la figure ou le nombre. Et Dieu ne ferait pas paraître que sa puissance est immense, s'il créait des choses telles, que par après elles pussent exister sans lui ; mais au contraire, il montrerait par là qu'elle serait finie, en ce que les choses qu'il aurait une fois créées ne dépendraient plus de lui. Et je ne retombe point dans la fosse que j'avais préparée, lorsque je dis qu'il est impossible que Dieu détruise quoi que ce soit d'une autre façon que par la cessation de son concours, parce qu'autrement il s'en suivrait que, par une action positive, il tendrait au non-être. Car il y a une très grande différence entre les choses qui se font par l'action positive de Dieu, lesquelles ne sauraient être que très bonnes, et celles qui arrivent à cause de la cessation de cette action positive, comme tous les maux et les péchés, et la destruction d'un être, si jamais aucun être existant était détruit."

Par M. Philippon
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Samedi 26 novembre 2011 6 26 /11 /Nov /2011 18:30

J'ai oublié de mentionner le "zaoum" (langue poétique "pure") ; l'article "Malevitch" de l'EU y consacre un chapitre, en lien avec la peinture.

Par M. Philippon
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Samedi 26 novembre 2011 6 26 /11 /Nov /2011 14:20

... peut-être déjà mentionné ... :

Valéry :

L'Idée fixe 1-266 :

"Et ces redites, cette écholalie qu'est la reproduction ! Les bancs de harengs !... - Et cent millions de spermatozoïdes pour un qui décroche la timbale !... - Le pauvre !... Pauvre petit fléau... qui, d'un bord à l'autre du temps, transporte une essence d'ancêtres, passe le Styx... de la Vie !..."

Mélange 1-298 

"Rien ne donne plus à penser sur la vraie et naïve nature de la vie qu'un banc de poissons. Peut-être, pour exprimer mon sentiment, devrais-je écrire ce mot au singulier - faisant de ces animaux une matière, matière composée, sans doute, d'unités individuelles organisées ; mais dont l'ensemble se comporte comme une substance soumise à des conditions et à des lois extérieures très simples."

Par M. Philippon
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Vendredi 25 novembre 2011 5 25 /11 /Nov /2011 15:56
Par M. Philippon
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Jeudi 24 novembre 2011 4 24 /11 /Nov /2011 16:32

Péguy :
Le long du coteau courbe et des nobles vallées
Les châteaux sont semés comme des reposoirs,
Et dans la majesté des matins et des soirs
La Loire et ses vassaux s'en vont par ces allées.

Cent vingt châteaux lui font une suite courtoise,
Plus nombreux, plus nerveux, plus fins que des palais.
Ils ont nom Valençay, Saint-Aignan et Langeais,
Chenonceau et Chambord, Azay, le Lude, Amboise.



Kandinsky, présenté de façon positive, vers le milieu de cette longue page :
http://malkooo.wordpress.com/


évolution de Kandinsky
http://reocities.com/Athens/crete/8087/kandinsky.html
(le meilleur équilibre selon moi au 3° tableau : Kirche in Murnau)
(le 6° tableau : Composition 4, 1913, exemple des toiles où certains tentent d'interpréter des allusions figuratives qui sont loin d'être évidentes)

Par M. Philippon
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Jeudi 24 novembre 2011 4 24 /11 /Nov /2011 16:16

non-détermination humaniste, à laquelle s'oppose l'indétermination selon Bérulle :

Pic de la Mirandole : Oratio de Hominis Dignitate, cité par M. Yourcenar, en exergue de L'Œuvre au Noir p. 10 : 

Je ne t'ai donné ni visage, ni place qui te soit propre, aucun don qui te soit particulier, ô Adam, afin que ton visage, ta place, et tes dons, tu les veuilles, tu les conquières et les possèdes par toi-même. Nature enferme d'autres espèces en des lois par moi établies. Mais toi, que ne limite aucune borne, par ton propre arbitre, entre les mains duquel je t'ai placé, tu te définis toi-même. Je t'ai placé au milieu du monde, afin que tu pusses mieux contempler ce que contient le monde. Je ne t'ai fait ni céleste, ni terrestre, mortel ou immortel, afin que de toi-même, librement, à la façon d'un bon peintre ou d'un sculpteur habile, tu achèves ta propre forme.

Par M. Philippon
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Mercredi 23 novembre 2011 3 23 /11 /Nov /2011 16:56

D'Alembert : Discours Préliminaire à l'Encylopédie :
"toute musique qui ne peint rien n'est que du bruit"

Proust :
     "En m’entendant lui avouer mon admiration pour la Nuit d’Octobre, il avait fait éclater un rire bruyant comme une trompette et m’avait dit : « Défie-toi de ta dilection assez basse pour le sieur de Musset. C’est un coco des plus malfaisants et une assez sinistre brute. Je dois confesser, d’ailleurs, que lui et même le nommé Racine, ont fait chacun dans leur vie un vers assez bien rythmé, et qui a pour lui, ce qui est selon moi le mérite suprême, de ne signifier absolument rien. C’est : « La blanche Oloossone et la blanche Camire » et « La fille de Minos et de Pasiphaé »

     "Le nom de Parme, une des villes où je désirais le plus aller depuis que j'avais lu La Chartreuse, m'apparaissant compact, lisse, mauve et doux, si on me parlait d'une maison quelconque de Parme dans laquelle je serais reçu, on me causait le plaisir de penser que j'habiterais une demeure lisse, compacte, mauve et douce, qui n'avait de rapport avec les demeures d'aucune ville d'Italie puisque je l'imaginais seulement à l'aide de cette syllabe lourde de nom de Parme, où ne circule aucun air, et de tout ce que je lui avais fait absorber de douceur stendhalienne et du reflet des violettes. Et quand je pensais à Florence, c'était comme à une ville miraculeusement embaumée et semblable à une corolle, parce qu'elle s'appelait la cité des lys et sa cathédrale, Sainte-Marie-des-Fleurs.  
     Quant à Balbec, c'était un de ces noms où comme sur une vieille poterie normande qui garde la couleur de la terre d'où elle fut tirée, on voit se peindre encore la représentation de quelque usage aboli, de quelque droit féodal, d'un état ancien de lieux, d'une manière désuète de prononcer qui en avait formé les syllabes hétéroclites et que je ne doutais pas de retrouver jusque chez l'aubergiste qui me servirait du café au lait à mon arrivée, me menant voir la mer déchaînée devant l'église, et auquel je prêtais l'aspect disputeur, solennel et médiéval d'un personnage de fabliau. "  (...)
     " ... comment choisir plus qu'entre des êtres individuels, qui ne sont pas interchangeables, entre Bayeux si haute dans sa noble dentelle rougeâtre et dont le faîte était illuminé par le vieil or de sa dernière syllabe ; Vitré dont l'accent aigu losangeait de bois noir le vitrage ancien ; le doux Lamballe qui, dans son blanc, va du jaune coquille d'oeuf au gris perle ; Coutances, cathédrale normande, que sa diphtongue finale, grasse et jaunissante, couronne par une tour de beurre ; Lannion avec le bruit, dans son silence villageois, du coche suivi de la mouche ; Questambert, Pontorson, risibles et naïfs, plumes blanches et becs jaunes éparpillés sur la route de ces lieux fluviatiles et poétiques ; Bénodet, nom à peine amarré que semble vouloir entraîner la rivière au milieu de ses algues, Pont-Aven, envolée blanche et rose de l'aile d'une coiffe légère qui se reflète en tremblant dans une eau verdie de canal ; Quimperlé, lui, mieux attaché et, depuis le Moyen Age, entre les ruisseaux dont il gazouille et s'emperle en une grisaille pareille à celle que dessinent, à travers les toiles d'araignées d'une verrière, les rayons de soleil changés en pointe émoussées d'argent bruni. "  


Le Carillon de Vendôme :
Mes amis,
Que reste-t-il
À ce Dauphin si gentil ?
Orléans, Beaugency,
Notre-Dame de Cléry,
Vendôme, Vendôme !


Aragon
Je vous salue ma France arrachées aux fantômes
O rendue à la paix Vaisseau sauvé des eaux
Pays qui chante Orléans Beaugency Vendôme
Cloches cloches sonnez l'angelus des oiseaux
(in Le Musée Grévin     Éditions de Minuit, août-septembre, 1943)


Hofmannsthal : Ballade des äusseren Lebens

Und Kinder wachsen auf mit tiefen Augen,
Die von nichts wissen, wachsen auf und sterben,
Und alle Menschen gehen ihre Wege.

Und süsse Früchte werden aus den herben
Und fallen nachts wie tote Vögel nieder
Und liegen wenig Tage und verderben.


ma "traduction à

http://lecalmeblog.blogspot.com/2010/11/hofmannsthal-ballade-traduction-zweig.html

 

 

 

Gœthe
Wandrers Nachtlied (II)

Ueber allen Gipfeln
Ist Ruh,
In allen Wipfeln
Spürest du
Kaum einen Hauch ;
Die Vögelein schweigen im Walde.
Warte nur, balde
Ruhest du auch.

... ma "traduction" personnelle :
http://lecalmeblog.blogspot.com/2011/11/gthe-wandrers-nachtlied-ii-traduction.html

 

 

 

 

JABBERWOCKY  by Lewis Carroll

'twas brillig, and the slithy toves
Did gyre and gimble in the wabe;
All mimsy were the borogoves,
And the mome raths outgrabe.

"Beware the Jabberwock, my son!
The jaws that bite, the claws that catch!
Beware the Jujub bird, and shun
The frumious Bandersnatch!"


une des traductions d'Henri Parisot :
JABBERWOCHEUX

C'était grilheure ; les slictueux toves,
Sur l'alloïnde gyraient et vriblaient ;
Tout flivoreux vaguaient les borogoves,
Les verchons fourgus bourniflaient.

« Au Jabberrouoc prends bien garde, mon fils !
À sa griffe qui mord, à sa gueule qui happe !
Gare l'oiseau Joubjoub, et laisse
En paix le frumieux Bandersnatch ! »

trad : André Bay
Le Berdouilleux

Il était ardille et les glisseux torves
Gyraient et gamblaient sur la plade
Tout dodegoutants étaient les borororves
Les chonverts grougroussaient la nomade.

«Attention au Berdouilleux, mon fils!
Ses crocs sont aigus et ses griffes pointues
Attention à l'oiseau Jubjub, éfisse
Le trop croacieux Barbentue.»


trad.  Artaud :
Il était Roparant, et les Vliqueux tarands
Allaient en gibroyant et en brimbulkdriquant
Jusque-là où la rourghe est à rouarghe à ramgmbde et rangmbde à rouarghambde :
Tous les falomitards étaient les chats-huants
Et les Ghoré Uk'hatis dans le Grabugeument.


Picon 1863, p. 216 :

     « L'art abstrait est-il abstrait ? (...) S'agit-il de rendre visible ce qui ne l'était pas encore, et attendait l'acuité de notre regard, au fond du visible - ou ce qui est d'un autre ordre, un invisible que l'on transforme en visible par la médiation du tableau ? Cela reste ambigu. (...) Cette référence (au réel) semble présente dans l'œuvre d'un Kandinsky, d'un Mondrian, puisque l'un se souvient du noir d'une nuit de Florence, l'autre des branches d'un arbre, ... des fenêtres de Brodway. La notion d'un art sans référence est difficile à concevoir. La peinture de répétition, d'accumulation, aux USA notamment, n'est-elle pas figurative par rapport à la réalité architecturale , à l'environnement urbain ? »

Kandinsky :
     "le vert contient des formes paralysées qui peuvent redevenir actives..." (...) "Le bleu apaise et calme en s'approfondissant. En glissant vers le noir, il se colore d'une tristesse qui dépasse l'humain, semblable à celle où l'on est plongé dans certains états graves qui n'ont pas de fin et qui ne peuvent pas en avoir. Lorsqu'il s'éclaircit, ce qui ne lui convient guère, le bleu semble lointain et indifférent, tel le ciel haut et bleu clair. A mesure qu'il s'éclaircit, le bleu perd de sa sonorité, jusqu'à n'être plus qu'un repos silencieux, et devient blanc."

Par M. Philippon
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Samedi 19 novembre 2011 6 19 /11 /Nov /2011 17:24

 

Koestler : Les call-girls, trad. Georges Fradier, p.65, Livre de Poche n°. 4101 :
      « La géométrie, étude éthérée, se préoccupait de formes pures, de rapports, de structures abstraites, et non pas de vile matière. Elle poursuivait des idées désincarnées qui se prêtaient à la fois aux révélations les plus profondes et aux jeux les plus délicieux. L'énigme de l'univers se cachait dans la danse des nombres, dans les mouvements des corps célestes et dans les mélodies de la lyre d'Orphée. Adeptes des mystères orphiques en effet, les pythagoriciens avaient donné à ce culte un sens nouveau : le mystère ultime, pour eux, c'étaient les formes géométriques et les relations mathématiques, et la prière la plus belle, c'était l'ascèse de l'étude, la véritable purge orphique. Les dieux parlaient en chiffres. »

 

Koestler : Le cri d'Archimède, trad. Georges Fradier, p.57, Calmann-Lévy :
    « L'humoriste prospère sur le difforme ; l'artiste déforme le monde pour le recréer à son image. »




cf. :

Judrin, Moralités littéraires p. 79 : 

     « (Ingres) se règle sur ce qu'il voit, mais il dérègle ce qu'il voit"

 

 

Par M. Philippon
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Samedi 19 novembre 2011 6 19 /11 /Nov /2011 15:02

Méthodologie de la réceptivité, faite surtout de préceptes négatifs :
   Rilke : Lettres à un jeune Poète p. 33 :
  "Ici, je vous adresse une prière. Lisez le moins possible d'ouvrages critiques ou esthétiques. Ce sont, ou bien des produits de l'esprit de chapelle, pétrifiés, privés de sens dans leur durcissement sans vie, ou bien d'habiles jeux verbaux ; un jour une opinion y fait loi, un autre jour c'est l'opinion contraire. Les œuvres d'art sont d'une infinie solitude ; rien n'est pire que la critique pour les aborder. Seul l'amour peut les saisir, les garder, être juste envers elles. Donnez toujours raison à votre sentiment à vous contre ces analyses, ces comptes rendus, ces introductions. Eussiez-vous même tort, le développement naturel de votre vie intérieure vous conduira lentement, avec le temps, à un autre état de connaissance. Laissez à vos jugements leur développement propre, silencieux. Ne le contrariez pas, car, comme tout progrès, il doit venir du profond de votre être et ne peut souffrir ni pression ni hâte. Porter jusqu'au terme, puis enfanter : tout est là. Il faut que vous laissiez chaque impression, chaque germe de sentiment mûrir en vous, dans l'obscur, dans l'inexprimable, dans l'inconscient, ces régions fermées à l'entendement. Attendez avec humilité et patience l'heure de la naissance d'une nouvelle clarté. L'art exige de ses simples fidèles autant que des créateurs. Le temps, ici, n'est pas une mesure. Un an ne compte pas, dix ans ne sont rien. Etre artiste, c'est ne pas compter, c'est croître comme l'arbre qui ne presse pas sa sève, qui résiste, confiant, aux grands vents du printemps, sans craindre que l'été puisse ne pas venir. L'été vient. Mais il ne vient que pour ceux qui savent attendre, aussi tranquilles et ouverts que s'ils avaient l'éternité devant eux. Je l'apprends tous les jours au prix de souffrances que je bénis : patience est tout."

Par M. Philippon
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Samedi 19 novembre 2011 6 19 /11 /Nov /2011 11:32

    J'ai publié sur mon site perso ma traduction perso du célèbre poème de Gœthe Selige Sehnsucht


http://lecalmeblog.blogspot.com/2011/11/gthe-selige-sehnsucht-traduction.html

 

    (occasion de voir que c'est très peu tourné vers le passé ; donc que  "nostalgie" n'est pas une bonne traduction ; j'ai choisi "impatience" pour marquer que c'est tourné vers l'avenir, et pour évoquer les "fourmis dans les pieds" qui incitent au "Wandern"....

Par M. Philippon
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